Les scientifiques entourant le professeur Gordon Cheng de l’université technique de Munich (TUM) ont récemment confié au robot H-1 une peau artificielle d’inspiration biologique. Avec cette peau (qui est d’ailleurs le plus grand organe chez l’homme), le numérique pourra désormais ressentir pour la première fois son corps et son environnement.

Cependant, alors que la peau humaine réelle contient environ 5 millions de récepteurs différents, H-1 compte un peu plus de 13 000 capteurs. Ceux-ci peuvent être trouvés sur le haut du corps, les bras, les jambes et même sur la plante des pieds. Leur objectif est de fournir à l’humanoïde son propre sens d’un corps physique. Grâce aux capteurs sur la plante des pieds, par exemple, H-1 est capable de s’adapter à un sol inégal et même d’équilibrer sur une jambe.

Les modèles biologiques comme base

La peau artificielle est basée sur des modèles biologiques combinés à des contrôles algorithmiques. La peau de H-1 est composée de cellules hexagonales. Ils ont à peu près la taille d’une pièce de 2 euros. Le robot autonome compte 1260 cellules au total. Chaque cellule est équipée de capteurs et d’un microprocesseur. Ceux-ci sont utilisés pour mesurer la proximité, la pression, la température et l’accélération.

Ci-dessous la présentation de ce robot en anglais :

Grâce à sa peau artificielle, H-1 perçoit son environnement de manière beaucoup plus détaillée et réactive. Cela l’aide non seulement à se déplacer en toute sécurité. Cela garantit également une sécurité accrue dans ses interactions avec les personnes. Il est capable d’éviter activement tout accident.

La programmation événementielle offre plus de puissance de calcul

Jusqu’à présent, le principal obstacle au développement de la peau de robot était la puissance de calcul. Les systèmes précédents fonctionnaient déjà à pleine capacité lors de l’évaluation des données de plusieurs centaines de capteurs. Tenant compte des dizaines de millions de récepteurs de la peau humaine, les limites deviennent rapidement claires.

Pour résoudre ce problème, Gordon Cheng et son équipe ont choisi une approche de neuroingénierie. Ils ne surveillent pas en permanence les cellules de la peau, mais utilisent une programmation événementielle. Cela permet de réduire la charge de travail informatique de 90 %. La clé est que les cellules individuelles ne transmettent les données de leurs capteurs que lorsque les valeurs mesurées varient. Notre système nerveux fonctionne de la même manière.