Bien qu’elle ne représente que 2,8 % des émissions de gaz à effet de serre, l’aviation émet quand-même chaque année l’équivalent de 1 029 millions de tonnes de CO2 chaque année. Et cette valeur pourrait être appelée à doubler d’ici les 20 prochaines années. Du coup il y a urgence pour soit réduire l’index de pollution de ces appareils volants assurant le transport de biens et personnes, soit améliorer le carburant qu’ils brulent pour voler tout en en réduisant l’impact sur l’environnement. Une équipe de chercheurs affirme avoir mis au point un biocarburant à base de plastique qui pourrait faire l’affaire.

Le plastique, nous en avons à profusion sur Terre

Chaque année l’humanité produit en moyenne 50 millions de tonnes de bouteilles plastiques, soit 10 tonnes toutes les secondes. Bien souvent ces dernières après consommation de leur contenu se retrouvent dans les rues, parcs, ou préférentiellement dans la mer.

Et si ce plastique était utilisé pour produire le carburant alimentant les avions qui sillonnent le ciel ? C’est l’idée farfelue qu’a eu une équipe de chercheurs de l’Institut de Chimie et Physique de Dalian. Basés en Chine, ces deux chercheurs ont mis au point un procédé assez révolutionnaire mais simple, permettant de faire du plastique un substrat dans la production d’une nouvelle forme de biocarburant.

Du plastique à un biocarburant ? Comment ça marche ?

Le principal composé qui entre dans la fabrication des bouteilles plastiques est le PET ou polytéréphtalate d’éthylène. L’idée est d’utiliser ce PET pour fabriquer du biocarburant comme nous l’explique les chercheurs dans une publication détaillée mise en ligne sur Green Chemistry.

Du biocarburant – Crédits photo : Flickr

Tout commence par la décomposition du PET grâce au méthanol. Ce qui créé un composé appelé téréphtalate de diméthyle ou DMT. Le DMT est ensuite converti en diméthyle cyclohexane-1, 4-dicarboxylate (DMCD) par le biais d’une réaction tenue secrète. Puis ce DMCD est transformé en cycloalcanes et en molécules aromatique simples. La fin du processus est marquée par une hydrodésoxygénation (HDO).

La mixture obtenue est purifiée et filtré et le résultat est un liquide assez visqueux qui servira de biocarburant.